Fichier positif : Qui gardera les gardiens ?

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La répertoire national des crédits, un outil de flicage social ?

La répertoire national des crédits, un outil de flicage social ?

La loi Lagarde a encadré le crédit à la consommation et créé un comité chargé de préfigurer le fichier positif français rebaptisé pudiquement « fichier national des crédits ». Ca fait moins peur !

 

 

 

 

L’objectif avoué de ce fichier -très controversé en dehors des clivages habituels- serait de lutter contre le surendettement.

 

L’expérience d’autres pays européens l’ayant adopté n’est pas franchement probante.

 

Quoi qu’il en soit, le fichier positif pose de nombreux problèmes et en particulier :

 

-         Qui y aura accès et à quelles informations ?

-         Quel sera son impact sur la distribution du crédit ?

 

Si, comme cela est vraisemblable, le fichier freine la distribution du crédit aux particuliers (pas forcément ceux en situation de malendettement d’ailleurs) il nuira à la consommation, donc aux entreprises et à l’emploi, c’est-à-dire à la croissance dont elle est, en France, le principal moteur. Est-ce bien le moment ?

 

Justement, 2% seulement des crédits aux particuliers font l’objet d’incidents de paiement et l’immense majorité des cas de surendettement a pour cause des accidents de vie. Les dossiers traités par la commission ad hoc de la Banque de France démontrent que bien d’autres dettes que les crédits sont à l’origine du surendettement et que l’insuffisance des revenus nets des « salariés pauvres » n’y est pas étrangère non plus. Un fichier même très cher à construire et à maintenir, mais payé par les usagers bancaires et les contribuables, ça passera mieux qu’une réforme des prélèvements obligatoires avec ses conséquences sur les dépenses sociales et de solidarité qui feraient à nouveau descendre dans la rue tout ceux qui préfèrent une société assistée dirigée par un Etat providence. Quant à la responsabilisation des consommateurs par la formation, n’y pensons même pas !

 

Si de nouveaux acteurs (autres que les établissements de crédit) venaient à utiliser les données du fichier positif, comme des bailleurs institutionnels (HLM) ou privés, les employeurs et des grands facturiers (EDF-GDF, France Télécom, etc …) ou si d’autres « indicateurs avancés » (impôts et taxes impayés, résiliation d’assurances pour non-paiement, non renvoi de TIP, etc … ) venaient ultérieurement à élargir le nombre de données prises en compte par le fichier pour mieux détecter les cas de surendettement « en émergence », le risque d’exclusion de nouvelles populations deviendrait alors très inquiétant. A l’inverse, Je n’évoquerai même pas le nombre de « faux positifs » auxquels il faudrait s’attendre… Qui peut garantir que le fichier ne verra pas son champ d’application s’étendre à d’autres données financières pour de vertueuses raisons apparentes comme celles actuellement mises en avant pour le créer ? L’une des célèbres formules du poète satirique latin Juvénal « Sed quis custodiet ipsos custodes » (mais qui surveillera les surveillants) ? est d’une brûlante actualité.

 

Les sciences sociales doivent un grand merci à Big brother qui met à leur disposition des sociologues de plus en plus de données qui leur permettront plus facilement de dégager des tendances, d’appréhender nos mécanismes et de construire des modèles comportementaux pour créer des lois mathématiques permettant de prédire et de contrôler les agissements des individus qui n’en auront plus guère que le nom.

 

J’invite tous ceux que cela intéresse à lire les trois articles que j’ai consacrés à cette question de société sur mon blog : http://rachatcredit.blog.capital.fr

 

Francoise Fondadouze

Gérante Rainbow Finance

 

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