« Toutes nos envies » ou la guerre contre le surendettement

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Deux juges en croisade contre le surendettement

Deux juges en croisade contre le surendettement

Le 9 novembre sortira sur nos (grands) écrans le film « Toutes nos envies » qui s’empare du drame du surendettement des ménages.

Le réalisateur est Philippe Lioret qui a révélé Mélanie Laurent dans « Je vais bien ne t’en fais pas » et, plus récemment, a fait un tabac avec « Welcome » qui traite également d’un sujet de société : les clandestins.

Il retrouve précisément, dans ce film adaptant librement le roman D’Emmanuel Carrère « D’autres vies que la mienne », Vincent Lindon à côté duquel on trouve une brochette d’acteurs talentueux : Marie Gillain (Coco Chanel), Pascale Arbillot (Les Petits Mouchoirs), Amandine Dewasmes (L’Arnacoeur) et Yannick Rénier (Pauline et François).

Vincent Lindon joue le rôle de Stéphane, un magistrat lyonnais chevronné et désenchanté qui rencontre une jeune collègue, Claire, interprétée par Marie Gillain, qui l’entraîne dans son combat contre le surendettement et sa croisade contre les banques accusées d’encourager ce fléau social pour s’enrichir. Un beau portrait d’un couple de magistrats à fleur de peau que leur combat contre la société de surconsommation et pour ceux qui en souffrent rapproche autant que le cancer qui se surajoute au drame. Le film semble être poignant si l’on en juge par la bande annonce.

En dehors de la qualité cinématographique et de la prestation d’acteurs attachants qui, n’en doutons pas, sauront tirer de ce sujet un film bouleversant, il convient de ne pas tomber dans la facilité et le manichéisme. Autrement dit, il ne faut pas se tromper de cible.

Le surendettement est assurément un fléau social qu’il faut combattre sans faiblesse ni répit. Selon les prévisions les plus alarmistes, le nombre de ménages surendettés devrait atteindre 1.000.000 sur 25.549.200 (3,91%) à la fin 2011. Les banques y ont leur part de responsabilité mais n’en sont pas -et loin s’en faut- les seuls responsables.

Le surendettement a changé de nature ces dernières années. Il suffit pour s’en convaincre de rapprocher la baisse du volume de crédit à la consommation distribué depuis 2009 -et qui s’est sensiblement accentuée cette année- à l’augmentation du nombre de dossiers de surendettement déposés à la Banque de France dans les douze derniers mois. La cause actuelle principale du surendettement est la paupérisation. En bas de l’échelle, le salaire réel des français est d’une notoire insuffisance en raison de prélèvements sociaux trop lourds.

Le gouvernement sait très bien que les français n’aiment pas les banquiers. Il lui est dès lors facile d’en faire des boucs émissaires. En légiférant contre eux, il s’attire les bonnes grâces des électeurs alors que les réformes courageuses qu’il conviendrait d’entreprendre seraient impopulaires et donc désastreuses sur le plan électoral.

Même si, je le répète, les banquiers et, plus généralement, les commerçants qui ont besoin du crédit pour vendre, ont une part de responsabilité dans le surendettement et que la Loi Lagarde portant réforme du crédit à la consommation contient certaines dispositions qui vont dans le bon sens (cette loi n’est du reste que la transposition d’une directive européenne), il ne faut pas se tirer une balle dans le pied !

Réduire l’accès au crédit n’aura d’autre effet que d’ajouter des chômeurs aux surendettés, les premiers venant ensuite grossir les rangs des seconds.

Sans même que la loi Lagarde n’ait produit ses pleins effets, le crédit à la consommation est en recul, la consommation des ménages est en berne et, au second trimestre de cette année, la croissance est nulle. Chacun sait qu’en France, c’est la consommation des ménages qui est le principal levier de la croissance.

Réformer le crédit pour le rendre plus sûr est une excellente chose mais en faisant ce toilettage prenons bien garde à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain.

Il est tout à fait possible de maintenir au crédit son rôle social et économique tout en luttant efficacement contre le surendettement.

Danton a dit : “Après le pain, l’éducation est le premier besoin du peuple”. La première mesure à prendre est l’éducation financière des français dès leur plus jeune âge. Cette mesure de bon sens pourrait être financée par une taxe sur les crédits qui coûterait infiniment moins cher que le très controversé « fichier positif » dont les coûts de réalisation et de maintenance sont pharaoniques et sans aucun rapport avec l’objectif qui lui est prétendument assigné. In fine, c’est le consommateur qui paiera.

J’invite tous ceux que le surendettement intéresse à lire les articles que j’ai consacrés à ce sujet et publiés sur mon blog : http://rachatcredit.blog.capital.fr

Francoise Fondadouze

Gérante Rainbow Finance

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